Harkis : les provocations du rapport Stora



Truffé d’approximations, de raccourcis et d’une falsification, le rapport de Benjamin Stora à propos du défi mémoriel de la guerre d’Algérie, détonne et surprend pour un travail d’historien « reconnu ». Loin d’apaiser, il ravive les plaies. Des héritiers et héritières de la mémoire des harkis s’insurgent contre cette lecture erronée, biaisée et honteuse de l’Histoire.

Cet article est la version non modifiée et non raccourcie (suite aux contraintes de mise en page) de la tribune parue dans le quotidien ‘‘Le Figaro‘ du 28 janvier 2021. Elle est également enrichie de signataires supplémentaires.

La stupeur. Voilà ce que suscite la lecture du rapport de l’historien Benjamin Stora, à propos des « questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », et remis au président de la République, Emmanuel Macron, le 20 janvier 2021. Au delà de sa dimension pédagogique et utile, ce travail nous surprend et nous heurte tant les harkis se retrouvent, dans ce document, malmenés et réduits à la portion congrue. Héritiers et héritières de la mémoire meurtrie de ces anciens soldats recrutés par l’armée française durant la guerre d’Algérie, nous ne pouvons nous taire, tant ce rapport comporte d’erreurs, d’oublis et d’approximations, avec une proposition inacceptable et, au moins, une falsification. Examen du texte.


Des mots orientés. Dès la page 8 du document remis à la presse, Benjamin Stora évoque les « représailles cruelles contre les harkis «  en Algérie à la fin de la guerre. Par le terme de « représailles », il valide ainsi la thèse utilisée par le pouvoir algérien et les historiens qui lui sont inféodés : si des harkis ont été massacrés, c’est parce qu’eux-mêmes s’étaient livrés à des exactions. Dès le début de ce rapport, cette généralisation totalement abusive constitue un biais manifeste, qui conforte la lecture de l’Histoire par l’aile conservatrice et nationaliste du pouvoir algérien.


Une tricherie scandaleuse. A la page suivante, Benjamin Stora cite un entretien de l’historien Mohammed Harbi datant de 2011, paru dans le quotidien algérien « El Watan », indiquant qu’« il évalue ainsi le nombre de Harkis et goumiers à environ cent mille hommes et il estime à quelque cinquante mille les victimes algériennes des actes du FLN/ALN, dont nombre de militants nationalistes authentiques ». Mais là où Stora parle d’« actes du FLN/ALN », les propos rapportés par le journal ne parlent pas d’« actes » mais de « bavures du FLN/ALN ». Déformation volontaire ? Malhonnêteté intellectuelle ? Volonté de minimiser les exactions du FLN ? Stora, encore une fois, est dans le biais, le mensonge, la falsification.


Contre les idées reçues. Plus loin, page 35, Stora évoque la raison pour laquelle De Gaulle ne souhaitait pas le rapatriement des Harkis en écrivant ceci : « Les harkis, dont il ne souhaitait pas le rapatriement par crainte d’une possible instrumentalisation de leur histoire par l’extrême-droite ». Peut-être trop content d’associer les harkis uniquement à l’extrême droite, Stora oublie de mentionner que De Gaulle ne voulait pas d’un « rapatriement » pour les harkis car « ils ne revenaient pas au pays de leurs pères » (cité par Alain Peyrefitte dans C’était de Gaulle, éditions Gallimard). Une formule que, au passage, le Général n’utilisa pas pour les pieds-noirs, dont un pourcentage significatif était pourtant d’origine étrangère (Espagnols, Maltais, etc ), et n’avaient donc aucun lien avec la métropole ! Tant mieux pour eux.

Des faits tronqués. A la page 47, Benjamin Stora cite les propos, qu’il présente comme bienveillants, de l’ancien président de l’Algérie, Abdelaziz Bouteflika. En 2005, ce dernier déclare : « Les enfants des harkis ont les mêmes droits que le reste des Algériens, à condition qu’ils défendent ce paisible pays ». Stora oublie simplement de rappeler que ce n’est pas le cas des anciens harkis. Car la loi algérienne du 12 avril 1999 stipule que « perdent leurs droits civiques et politiques, conformément à la législation en vigueur, les personnes dont les positions pendant la révolution de libération nationale ont été contraires aux intérêts de la patrie et ayant eu un comportement indigne ». S’agissant des enfants de Harkis, ils ne peuvent prétendre à la fonction suprême de président car, selon la Constitution de 1996 (article 73), « pour être éligible à la Présidence de la République, le candidat doit (…) justifier de la non-implication des parents du candidat né après juillet 1942, dans des actes hostiles à la Révolution du 1er Novembre 1954 ». Là encore, Stora tord la vérité, toujours dans le même sens, en ne disant pas tout.

La redécouverte des évidences. Autre oubli volontaire : page 92, Benjamin Stora propose que « d’autres initiatives de commémorations importantes pourraient être organisées autour (…) du 25 septembre, journée d’hommage aux harkis et autres membres de formations supplétives dans la guerre d’Algérie ». Il feint d’ignorer que cette journée, instaurée depuis 20 ans, donne traditionnellement lieu à une grande cérémonie officielle aux Invalides et à des commémorations dans de nombreuses communes de France.

Des propositions vides de sens. Enfin, parmi les 22 préconisations du rapport, Benjamin Stora propose, page 94, de « voir avec les autorités algériennes la possibilité de facilité de déplacement des harkis et de leurs enfants entre la France et l’Algérie ». Stora commet deux erreurs : il présente ce genre de proposition, toute honte bue, comme étant une nouveauté dont il serait l’initiateur alors que des démarches ont été enclenchées à maintes reprises lorsque des difficultés se présentaient, avec, c’est vrai, un succès mitigé. En second lieu, Benjamin Stora se trompe en évoquant des difficultés de circulation pour les enfants de harkis : il n’y a jamais eu aucune difficulté de circulation entre la France et l’Algérie les concernant. A propos des harkis eux-mêmes, quel « retard à l’allumage », quel dommage que Benjamin Stora, à l’occasion de ses multiples contacts avec les autorités algériennes ces dernières décennies, n’ait pas tenté de faire avancer les choses. Aujourd’hui, très peu de pères sont interdits de circuler, et la plupart sont morts ou trop âgés pour voyager… Cette préconisation nous semble vide et inutile.

Des oublis étonnants. Alors que la réconciliation exige la reconnaissance de tous les faits de part et d’autre, les annexes du rapport sont remplies d’un vide significatif concernant les harkis. Le 25 septembre 2016, François Hollande, en tant que président de la République, a déclaré : « Je l’affirme ici clairement au nom de la République : je reconnais les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France. Telle est la position de la France. » Aucune trace de ce discours dans le rapport de Benjamin Stora. Comme il n’y a pas de trace du discours de Jacques Chirac aux Invalides, le 25 septembre 2001, qui déclare notamment : « Notre premier devoir, c’est la vérité. Les anciens des forces supplétives, les harkis et leurs familles, ont été les victimes d’une terrible tragédie. Les massacres commis en 1962, frappant les militaires comme les civils, les femmes comme les enfants, laisseront pour toujours l’empreinte irréparable de la barbarie. Ils doivent être reconnus. La France, en quittant le sol algérien, n’a pas su les empêcher. Elle n’a pas su sauver ses enfants. ». Est-ce un oubli ou bien les mots « massacre » et « barbarie » risquaient-ils d’incommoder les autorités algériennes ?

Une proposition insupportable. Enfin, nous nous élevons de manière unanime, forte et déterminée, contre la proposition émise par Benjamin Stora de « l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, grande figure féminine d’opposition à la guerre d’Algérie ». Rappelons-nous : au micro de France Inter le 3 mai 2010, dans l’émission de Pascale Clarke « Comme on nous parle », Gisèle Halimi est interrogée sur le fait de savoir si « La femme n’est jamais selon vous la meilleure ennemie de la femme » ; l’avocate fait cette réponse : « Je crois que, quand la femme, … oui, cela arrive hélas… Moi, j’ai appelé ça, en référence à la guerre d’Algérie, les femmes harkis, les femmes harkis malheureusement cela existe ». Est-ce ainsi que Benjamin Stora veut aller vers la réconciliation ? Gisèle Halimi n’est pas une femme de réconciliation. Oui pour l’entrée au Panthéon d’une personne en relation avec la guerre d’Algérie, non à Gisèle Halimi.

Notre proposition. Voilà pourquoi nous faisons cette proposition : oui pour Henri Alleg, auteur du célèbre livre « La Question« . Défenseur de l’indépendance de l’Algérie, cet homme n’a pas hésité à apporter son soutien aux harkis, notamment en co-signant une lettre envoyée à Jacques Chirac, président de la République de l’époque, en septembre 2005, demandant que « notre pays reconnaisse officiellement qu’il a eu, vis-à-vis de ceux que l’on a l’habitude d’appeler les harkis, un comportement indigne de lui ». Cet homme est un homme de réconciliation, un homme de notre temps, un homme de notre avenir.

Non à Gisèle Halimi, oui à Henri Alleg.

Oui aux vraies femmes humanistes. Une femme, féministe, femme de réconciliation, est aujourd’hui au Panthéon : Simone Veil. Lors de son entrée à l’Académie française, elle déclare : « Ancien magistrat, m’étant beaucoup investie pour améliorer la condition des prisonniers du F.L.N. en Algérie et en métropole, je n’en suis que plus à l’aise pour aborder une autre page tragique de notre histoire. En Algérie, des musulmans avaient accepté de servir dans l’armée française. (…). La tragédie de ces familles entières abandonnées laisse en tout cas une tache indélébile sur notre histoire contemporaine ». Oui à Simone Veil, non à Gisèle Halimi.

Oui encore aux vraies femmes humanistes. Une autre femme de réconciliation est aujourd’hui au Panthéon : Germaine Tillion. Elle rencontre le militant FLN Yacef Saâdi durant la bataille d’Alger et elle négocie pour qu’il s’engage à mettre fin aux attentats aveugles en échange d’un arrêt des exécutions capitales. Elle prend part aux visites de centres de détention en pleine guerre d’Algérie. C’est aussi celle qui déclare en 2003, dans un article du journal La Croix : « Je suis en train de me battre pour les harkis. Car quarante ans après la guerre, la permanence du rejet et de l’intolérance, ce sont des bêtises noires ! » .

Oui aux femmes de réconciliation, oui à Simone Veil, oui à Germaine Tillion, non à Gisèle Halimi.

Conclusion. Après tous ces oublis, ces erreurs, ces approximations biaisées, Stora veut-il vraiment travailler à une réconciliation ? Nous, oui.

Liste des 133 signataires

A

Josette Akcha, assistante/référente santé ; Houria Akli, journaliste à Bruxelles ; Ali Amrane, prédisent du Collectif Président Collectif Harkis des Alpes-Maritimes ; Micheline Dénia Amraoui, travailleur médico-social; Fatiha Arfi, cheffe-comptable, secrétaire de la Coordination harka ; H’mida Aridj, retraité d’état ; Zohra Aridj, présidente de l’association harki 13, la Roque d’Anthéron ; Abdelkader Ayache, militant ; Mohammed Azrou-Isghi, militant ; Malika Azzaz, présidente d’association ; Saïd Azzaz, profession non précisée ;

B

Fatma Badji, directrice des affaires culturelles en mairie ; Fatima Beddounia, retraitée ; Jean-Pierre Behar, président de l’association des Harkis et leurs amis de Mouans-Sartoux ; Fatima Benamara, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme ; Maurice Benchabi, militant ; Rekia Bensaïdi-Danet, référente à Uzès pour l’association aracan du Gard ; Ahmed Bensalem, profession non précisée ; Michelle Benyounes, profession non précisée ; Jacky Berkani, profession non précisée ; Fatima Besnaci-Lancou, historienne ; Nachida Besnaci, employée à la RATP ; Leila Bilar, profession non précisée ; Moualkia Boufhal Nora, employée ; Fadila Boukehili , adjoint administratif en milieu hospitalier ; Ben Boukhtache, retraité et militant ; Aziz Boulmaiz, agent hospitalier ; Omar Boutobba, militant ; Zohra Bouzar, profession non précisée ; Mohand Bouzidi, routier professionnel ;

C

Aline Carabetta,, porte drapeau des Anciens Combattants, présidente d’association de femmes de harkis ; Ahmed Cemoi, agent territorial ; Louisa Chaïb, retraitée ; Kader Chaieb, militant ; Rabah Chaieb, militant ; Hakim Chaouaou, chef de service à la mairie d’Orléans ; Sonia Chefrour, profession non précisée ; Khaddar Cheikh, chef d’entreprise ; Ouiza Cherbi, retraitée de la fonction publique ; Ouardia Chili, sans précision ; Nagilla Chouiter, agent de restauration ; Aïcha Cousineau, restaurant business en Floride (USA) ;

D

Rékia Danet-Bensaïdi, retraitée ; Abessia Dargaïd, retraitée ; Louisa Dehiliz, employée auprès de personnes âgées ; Fouzhia Derrough, aide-soignante ; Slimane Djelm, fonctionnaire territorial ; Fatiha Djenane, employée de mairie ; Nora Djera, agent de production en blanchisserie ; Zahia Djera, employée ; Ada Djégherif, secrétaire médicale ; Dalila Djégherif, conseillère municipale, déléguée à l’inter génération ; Fatma Djégherif, cadre ; Jacqueline Djégherif, fonctionnaire ; Samira Draouzia, agent territoriale, militante ; Sarahoui Draouzia, militant ;

F

Madjouba Farhi, aide-soignante ; Belaïda Fedlaoui, aidante familiale ; Fathia Foudi, militante ;

G

Mohamed Gacem, profession non précisée ; Amid Garah, fonctionnaire territorial ; Yamina Ghalouni, conductrice de bus ; Lila Gimenez, atsem (fonction publique) ; Liamna Gouasmia, retraitée ; Dalila Goutta, sans profession ; Hakima Guerairia, retraitée ; Belkacem Gueroui, militant associatif ;

H

Abdel Hachache, technicien pour l’enseigne Interior’s, fondateur d’un Collectif Citoyen à Reims ; Abdellah Haddouche, militant ; Mohamed Hadj, militant ; Tahar Hadj, militant ; Yamina Haffi, sans profession ; Fatima Hamroune, greffier au tribunal judiciaire de Bordeaux, présidente de GENAFRA (Génération Aquitaine des Français Rapatriés d’Algérie) ; Hamdane Hamzaoui, militant ; Djamila Herry-Bouras, conseillère sociale ;

I

Mohamed Ibn Driss, profession non précisée ;

K

Aïcha Kacem, sans profession ; Tayeb Kacem, retraité du ministère de la défense, président de l’association Harkis 49 ; Cathy Kadri, retraitée ; Hadjila Kemoum, co-fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme ; Dalila Kerchouche, journaliste ; Aïcha Kerfah, enseignante ; Keltoum Khafi, militante ; Fatima Khalkhal – Valla, retraitée ; Khaled Klech, retraité ; Miloud Kradaoui, marin à la retraite ;Abderrahmane Khadir, retraité ; Ahmed Khobzaoui, militant ;

L

Mustapha Labidi, militant ; Zohra Larbi, agent administratif ; Nahima Latreche, rédacteur territorial ; Meftali Lopez, assistante en orthodontie, militante ;

M

Mohamed Maglout, fonctionnaire ; Ahmed Maizia, militant ; Djeloul Maizia, militant ; Djamel Mayouf, militant ; Omar Mayouf, militant ; Zohra Mehraz, ancienne conseillère municipale dans la majorité à Thionville ; Dalila Merouane, assistante de vente ; Akim Messelleka, employé au conseil départemental du Vaucluse ; Ahmed Mestar, retraité de la gendarmerie, président de l’AVACRA ( Association vendéenne d’anciens combattants et rapatriés d’Algérie)  ; Jacqueline Meziane, fonctionnaire ; Abdelkader Mokhtari, membre du rassemblement harki ; Louiza Moualid, retraitée aide soignante ; Adda Moualkia, assistante d’éducation de vie scolaire pour handicapés ; Houria Moualkia,  employée de mairie ; Djamila Mouheb, adjoint technique ;Yamina Moussa, retraitée ; Sophie Mouzaoui-Albert, infirmière psychiatrique ;

N

Belkacem Nemri, fonctionnaire à la mairie de Cannes ; Naïma Noui, fonctionnaire ;

O

Naha Ouali, fonctionnaire ; Brahim Oulguima, chauffeur de bus ; Noëlle Ounissi, ambulancière ;

P

Mébarka Pécandom, retraitée ;

R

Marinette Rafai, huissier, mairie de la commune d’Arles ; Fatima  Rassoul, retraitée ; Jacqueline Rebih-Chayer, collaboratrice de groupe politique ; Hafida Redjouh, retraitée ; Yvette Remous, intérimaire ; Violette Remous, aide-soignante ; Fadila Richard, exploitante agricole ; Hamina Rubio, présidente de l’association des harkis de l’Ariège ;

S

Dalila Saadi, agent service logistique en Ephad ; Karim Sadji, agent d’exploitation ; Aïssa Sahnoune, retraité de la fonction publique ; Nasser Sahour, chargé de mission à la lutte contre les discriminations et aux droits des femmes, président de Harkis, Honneur, Histoire (3H) ; Danielle Sebbani , sans profession ; Valérie Seby, assistante de copropriété ; Soraya Simian, adhérente de GENAFRA (Génération Aquitaine des Français Rapatriés d’Algérie) ;

T

Hema Tahri, retraitée de la fonction publique ; Sylvie Talata, militante au sein de la diaspora algérienne en France ; Rahima Témagoult-Gosse, assistante administrative ; Aïcha Touak, agent de service ; Jeannine Trifa, chef de cuisine ;

V

Chantal Valay, adjoint administratif de la fonction publique ;

Y

Harkati Yahiaoui, président d’association ; Sophia Yalaoui, adjoint administratif hospitalier ; Houcine Yousfi, employé de poste, militant ;

Z

Zohra Zarouri , directrice d’association ; Rabia Zatar, responsable d’un service d’insertion sociale et professionnelle ; Aïcha Zeffane, sans profession ; Houamria Zerrifi, profession non précisée.

































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